Comment faire de ce temps de repos souvent mérité  un moment de qualité différent ?
En visant d’abord le sommet de la montagne, plutôt que la buvette près du parking du musée (que l’on pourra découvrir juste après)…

Est-ce vraiment une question?

La question des vacances peut faire sourire. Ou pas. Car tout le monde n’a pas la chance de partir prendre l’air de La Baule ou de Chamonix, ni même de goûter aux joies du GR20.

Mais c’est un fait, nombre d’entre nous auront, cet été, le privilège de quitter leur quotidien professionnel pour quelques jours de détente. Alors, qu’en faire ? Comment décider cette année de mettre à profit ce temps, seul, entre amis ou en famille ? Halte à l’objectif des vacances réussies à tout prix ! Mais là encore, il est possible de mettre à profit les enseignements reçus au Camp Optimum pour changer un peu la formule connue :

Groupe d’amis dans une location + retraite + séjour en famille. Ou encore :

une semaine (chez tes parents) + une semaine (chez les miens) + une semaine de retraite = trois semaines souvent très belles et riches, mais toujours semblables.

Pas forcément un choix d’homme assumé…

Peut-être serait il temps de prendre du recul sur ces choix qui n’en sont plus ?

La faute, s’il y en a une, est d’abord la nôtre. Soyons clair : ce temps de vacances, on aurait pu le préparer à l’avance, pour ne pas le subir. C’est comme faire une recette de cuisine. Ou un chantier de bricolage. Pas le montage d’un meuble en kit, un vrai chantier ex nihilo. On aurait pris une feuille, un crayon, un mètre, des plans, et on aurait commencé à scier, percer, visser, monter des cloisons. Il devrait en aller de même pour nos vacances estivales. Avec, dans le viseur, la croissance de notre vie d’homme, et, par extension – pour ceux qui sont concernés -, celle de notre famille. Un combat, un de plus, à mener contre notre paresse. Cette paresse qui nous conduit à ne plus faire de choix.

Alors ? Réveil ! Il n’est jamais trop tard. Que voulons nous vraiment ? Quel sens donner à ces vacances ? Un horizon, un temps fort, des souvenirs qui marquent, un moment de service, et surtout de l’aventure, avec – osons le mot – un peu de risque. Choisir le chemin de crête plutôt que l’autoroute, la difficulté à affronter plutôt que la serviette de plage (et les coups de soleil comme seul danger de l’été). Soyons honnêtes : l’accompagnement de personnes handicapées ou d’un parent seul, une nuit en refuge ou plus simplement une marche en famille, avec l’un de ses enfants ou un ami, au-delà d’une fatigue prévisible, nous laissera plus de souvenirs (la beauté de ce paysage conquise de haute lutte…) que la facilité du séjour habituel et non choisi chez Bon Papa et Mamie, aussi sympas soient-ils.

Pour allier vacances et repos avec ces sentiers ardus, il faut des hommes courageux et sûrs. Là est la place de l’homme, du père, du fils, du conjoint : il entraîne, il fait avancer vers un but et même vers l’inconnu. Il rassure car il sait où il va (ou ne craint pas l’inconnu) et il sait qu’au bout du chemin il y a le Royaume. Il sait que celui-ci ne s’ouvre qu’à ceux qui en cherchent les clés.

Aller plus loin

C’est donc une question de volonté, de cap fixé, comme souvent dans notre long parcours du combattant. Le bateau que l’on fait naviguer doit être porté par un souffle, des voiles grandes ouvertes, l’inverse d’une barque à la dérive. « Celui qui cherche trouve. » Encore faut il ne pas s’arrêter au premier obstacle. Il peut arriver qu’en famille, certaines phrases incitent à changer ses plans sur la comète :

« Mais tu nous saoules avec tes envies de guerrier scout sur le retour ! Tu fais ta crise ? Redescends sur terre. On n’est pas à Koh Lanta, chéri ! On est fatigués, on n’a pas envie de revenir crevés, fais ça à tes camps, mais là on est en vacances ! »

Pour d’autres, ce sera l’injonction des amis ou la force de l’habitude. « Mais pourquoi tu ne viens pas cette année ? On avait réservé ! »

Ces phrases clichés nous font rire (jaune). Pour autant, elle ne doivent pas nous faire redescendre sur terre. Car justement, l’homme que nous voulons être ne trouve pas sa récompense dans la facilité de l’abdication pépère et tranquille. Il doit apprendre à se dépasser lui-même pour entraîner les autres, ceux qui lui sont confiés. La récompense vient après l’effort. Cette notion révolue n’est pas effrayante si l’on dose cet effort en fonction de ses possibilités.

Discerner

Nul besoin d’exemple, vous aurez compris que tout le monde n’est pas appelé à partir seul avec une gourde, du riz et une couverture de survie pendant une semaine. On parle ici d’une journée, d’un moment choisi. Une étape après l’autre. Changer un peu d’itinéraire, en somme. Viser un peu plus haut, un peu plus loin. Pour dépasser le périmètre de sa zone de confort.

Reconnaissons humblement où sont nos limites. Reconnaissons aussi que les dépasser, ne serait-ce qu’un peu, procure plus de joie que tout autre chose. Le temps des vacances est aussi le temps libre. La liberté de prier, la liberté d’aider, de changer, la liberté de faire ce calcul : combien de mon temps puis-je donner pour que ce moment soit un peu différent, moins confort, mais plus authentique et plus choisi ?

Bonnes vacances !

Matthieu

 

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